En 1924, Colombes, cité ouvrière située au nord-ouest de la capitale vivra son heure de gloire en accueillant les premiers jeux Olympiques d’été en France. Ce n’est portant pas la première fois que la France accueille cet événement, mais en 1900, les Jeux étaient noyés dans l’exposition universelle au grand regret de Pierre de Coubertin. Ces Jeux Olympiques de 1924 on été baptisés « Jeux Olympiques de Paris » mais c’est bien dans notre ville de Colombes qu’ils se sont principalement déroulés: athlétisme, football, rugby, gymnastique, cyclisme, mais aussi cérémonies d’ouverture et de fermeture. L’ancien champ de course de Colombes, déjà transformé en stade en 1907 (Stade du Matin), deviendra le plus grand complexe sportif de France jamais réalisé devenant pour l’occasion « stade olympique ». Un bassin de natation de 50 mètres avait même été construit, mais le stade nautique des Tournelles (porte des Lilas) qui était en construction sera terminé à temps et la piscine de Colombes ne servira donc pas et sera démolie peu après les Jeux.



Inauguration des Jeux Olympiques de 1924 dans le stade de Colombes.

L’aventure pour Colombes commença en juin 1921 quand le Comité Olympique décida de confier à Paris l’organisation des jeux de la VIIIème Olympiade moderne à la demande de Pierre de Coubertin. Mais les politiques se désintéressent du dossier et il est même question de transférer les jeux à Lyon, voire à l’étranger. Le 7 décembre de cette année là, le Maire de Colombes, Mr Maurice Chavany proposera la candidature de Colombes. Après de longs pourparlers et de nombreuses tergiversations la candidature de Colombes sera retenue pour que s’y déroule l’essentiel des épreuves sportives. Le refus de la Ville de Paris qui ne voulait pas entreprendre les travaux nécessaires sur son seul terrain possible (le Parc des Princes) n’y est pas pour rien, mais il faut aussi noter que le Racing Club de France alors locataire des terrains et Mr Chavany y ont mis toutes leur énergie pour que la candidature de Colombes soit choisie et que le stade Olympique y soit construit. Le racing Club de France s’engage à porter la capacité du stade de Colombes à 60000 places en échange de 50 % des recettes de l’évènement. L’architecte Faure-Dujarric sera le constructeur du nouveau stade, réussissant le tour de force de trouver la solution financière et architecturale dans le cadre du budget qui lui était imposé; Faure-Dujarric réalisa un imposant édifice de 144 mètres de longueur et 26,73 de largeur, apportant un soin particulier à la piste en cendrée de mâchefer calciné de couleur rose, de 8 mètres de large pour une circonférence de 500 mètres: le stade plus fonctionnel que monumental pourra accueillir ces 60000 personnes.

La construction du stade olympique de Colombes dans la revue Le Génie civil : revue générale des industries françaises et étrangères du 9 aout 1924 (source:Gallica)

Les jeux furent ouvert le 5 juillet 1924 par le président Gaston Doumergue qui devient le premier président de la république à assister à une cérémonie d’ouverture des jeux. Pendant que le serment Olympique est prononcé par l’athlète Géo André (dit « Le Bison au Racing », et « L’Homme complet en athlétisme ») deux fois médaillé olympique en 1908 et 1920, les délégations des 44 nations représentés défilent sur la piste rose du stade flambant neuf devant les 40000 spectateurs assistant à la cérémonie d’ouverture. 126 épreuves dans 17 sports étaient au programme officiel et 3089 athlètes (dont 135 femmes) participèrent aux Jeux à Colombes, mais aussi sur d’autres sites: Paris, Vincennes, Versailles, Le Havre ou encore à Reims…Pour informer le public un immense tableau d’affichage de 35 mètres de largeur sur 15 mètres de hauteur a été spécialement construit. Sa superficie permet de communiquer simultanément à la foule les renseignements sur plusieurs épreuves. Des « appareils amplificateurs » grande puissance, les premiers haut-parleurs, font leur apparition aux quatre coins du stade. Des speakers intervienne régulièrement en français et en anglais pour compléter par leurs commentaires les données chiffrées inscrite sur le panneau. Largement commentés à la radio pour la première fois avec l’arrivé de la TSF, permettant ainsi un public plus important de suivre les épreuves en direct ces jeux remporteront un vif succès. Ces jeux seront aussi largement relayés par la presse généraliste et spécialisé.

A l’occasion des Jeux Olympiques de 1924 Pautauberge édite une série de cartes postale publicitaire ayant pour thème le sport. (Jeux Olympiques de 1924 : Les Pautauberge.)

Ces jeux sont aussi marqués par l’apparition du premier village olympique installé en bordure du stade pour loger les athlètes. Chaque habitation était munie d’une chambre meublée à trois lits. Tout le confort avait été prévu pour les athlètes: lavabos à eau courante, douches, salles de restaurants mais on pouvait aussi trouver sur le village olympique des kiosques à journaux, un service de blanchissage, bureau de poste et de change, coiffeur ou kiosque à journaux. Trois repas journaliers y étaient composés. « derrière des palissades et des fenêtres bien closes…le village olympique se dresse..C’est un vrai village, et un beau village même, installé avec tout le confort moderne, ou les maisonnettes de bois contiennent lits spacieux et confortables » Gaston Benac, L’Intransigeant du 28 février 1924.


Un stade olympique flambant neuf et des très grands sportifs…c’étaient les Jeux Olympiques de 1924…c’était à Colombes.

Jusqu’au 27 juillet, les exploits sportifs se multiplient: 13 records olympiques et 6 records du monde sont battus, dont le 10000 mètres plat couru en 30mn23s par le Finlandais Ville Ritola. Un autre Finlandais se distingue Paavo Nurmi dit le finlandais volant, un des plus grands coureurs de fond et demi-fond de tous les temps: 7 courses en six jours, 5 médailles d’or (dont 3 épreuves de fond) et 2 records Olympiques battus. Pendant ce temps les Britanniques Harold Abrahams et Eric Liddell remportent respectivement le 100 mètres et le 400 mètres. Leur parcours jusqu’aux JO sera retracé dans le film « Les Chariots de feu » de Hugh Hudson en 1981 avec la musique inoubliable de Vangelis, reprise lors des Jeux olympiques de Londres 2012. Parmi les autres vedettes de ces jeux, signalons la première victoire d’un athlète noir, William De hart Hubbard au saut en longueur, avec un bond de 7,445m. Quant au nageur Américain d’origine austro-hongroise Johnny Weissmuller et 3 fois médaillé d’or il incarnera ensuite « Tarzan » dans 12 films devenant une gloire d’hollywood. L’escrimeur français Roger Ducret cumula cinq médailles dont trois d’or. Aux classement général, la France termine deuxième derrière les Etats-Unis et devant la Finlande avec 12 médailles d’or, 13 d’argent et 10 de bronze. C’est lors de ces jeux que la devise Olympique « Citius, Altius, Fortius » (« Plus rapide, plus haut, plus fort ») fut utilisée pour la première fois.

Petit « Clin d’œil à l’Histoire », 100 ans après les Jeux olympiques de 1924 Colombes sera de nouveau prête pour les Jeux Olympiques Paris 2024 afin de célébrer a nouveau le sport et de se retrouver une nouvelle fois au centre des attentions internationales. Le stade Yves-du-Manoir est un des sites officiels retenus pour la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024 pour accueillir les épreuves de hockey sur gazon. Un joli symbole pour notre ville…

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